Interview Mariasha Drai Partie 1 : célibat prolongé, réseaux sociaux, pudeur : Elle répond à tout, sans tabou !

Mariacha Drai est ingénieur en informatique diplômée de l’Université de Beer Sheva. En parallèle, elle a suivi un cursus de mathématiques a l’Université de Besançon.
Elle a exercé au sein de DSIT en Israël pendant 10 ans .Elle y a été chef de projet dans l’informatisation des protocoles de chimiothérapie dans les hôpitaux Schneider et Meir de kfar saba.
En France, elle choisit de s’investir dans la transmission – en particulier à la jeunesse.

Elle est formatrice d’enseignants de kodesh et écrit de nouveaux programmes d’enseignement au lycée.
Elle intègre par la suite l’équipe de LEV et crée le séminaire Bohi Kala de formation des futures mariées.

 

Bonsoir Mariasha, 

1/ Comment passes t-on d’ingénieur à Rabbanith ?

En réalité on ne  passe pas de l’un à l’autre, à  aucun moment j’ai décidé de devenir rabbantih ça c’est fait comme ça ! 

  A l’époque j’avais fais un séminaire en Israel  puis on m’a proposer un séminaire d’informatique et ça me plaisait bien.

Par la suite j’ai exercé pendant 10 ans en tant qu’ingénieur informatique puis  il a fallu rentrer en France.

J’avais déjà 4 enfants et j’ai rapidement  réalisé que j’avais fais le tour de la question de l’informatique et   que même si j’avais beaucoup aimé ce métier j’avais pas forcement envie de continuer.

En parallèle, j’avais assisté à des shabbats pleins dans lequel des jeunes filles  étaient venues spontanément me voir j’avais préparé aucun cours, j’étais juste présente.

C’est mon mari  qui donnait des  cours mais ces jeunes filles  était venues me voir parce qu’elles avaient des questions à poser à une femme référente  et c’est ainsi que tout à commencé.

J’ai répondu aux questions elles en ont voulu plus, on s’est donné rendez vous  à la maison ,elles ont invité des copines qui en ont invité d’autres  …et très vite  il  y’a eu des cours de torah les uns après les autres et j’ai réalisé qu’il n’ya rien que j’aimais plus qu’étudier la torah et la transmettre.

 Aujourd’hui je donne tous les jours des cours de Torah en France et à l’étranger.

J’aurais jamais imaginé un jour le faire mais  je suis extrêmement heureuse d’avoir cette chance de partager des moments de Torah, qui sont des grands moments d’humanité.

Enseigner la torah c’est parfois voir en face de moi des plantes  flétries  mais qui en se nourrissant de torah retrouvent toute leur fraicheur et leur vigueur. 

 Et c’est magique ! c’est Mehayé Metim ça fait revivre des personnes “mortes “

 

2/ Cette génération est-elle plus difficile que les autres  ?

 

En réalité le  problème du célibat prolongé est un problème  majeur aujourd’hui de notre société, dans notre communauté c’est réellement un problème qui inquiète aussi bien au niveau masculin que féminin et  c’est impératif qu’on réfléchisse à ce qui fait  qu’on  a tellement de célibataires.

Il y’a plusieurs paramètres à mon avis : 

Paramètre numéro 1 : Il me semble que l’on a enseigné à nos filles  depuis quelques  années  qu’elles doivent être brillantes et parfaites dans tout et ne renoncer à aucun qualificatif.

Elles devraient être : Excellente fille, excellente soeur, excellente amie, excellente travailleuse..excellente dans tous les domaines et à force d’exiger l’excellence partout peut être ce sont elles un  petit peu oubliées et éparpillées  au niveau de leur priorité. 

 Du coup les années passent et après ça en devient un peu plus compliqué…

 Paramètre numéro  2 : Un paramètre qui est lié à celui la, les filles  quand elles font quelque chose elles le font vraiment bien et à fond.

Cette exigence de brillance est telle que de façon générale elles arrivent à être vraiment multi taches et cette excellence les desservent d’une certaine façon.

Car quand un jeune homme arrive devant une jeune fille qui a fait d’ excellentes études,  a un excellent salaire,extrêmement jolie, fait attention à sa taille, qui fait du bénévolat,qui a un groupe d’amis, fait des voyages vraiment qui est excellente dans tous  les domaines. Il est amené à se poser la question finalement en quoi a t-elle a  besoin de moi ? qu’ y’ a t- il  de manquant chez cette fille que je vais pourvoir combler ? et ça c’est  une problématique importante, je crois des couples à en devenir aujourd’hui 

Paramètre numéro 3 :  Les jeunes ont souvent ” un ex mythique : the ex” qu’ils fantasment.

C’est la personne qu’ils  ont rêvé et pas réussi à obtenir.

Les rencontres d’après vont être infructueuses par rapport à la comparaison de cet ex mythique qui est une représentation de l’homme ou de la femme idéale .

C’est aussi un élément que l’on retrouve  souvent chez les couples  dans le travail de thérapeute.

Paramètre numéro 4 : Le paramètre de l’effort.Un couple c’est une construction.On construit un couple,on construit l’amour.

Or on vit dans un monde de plus en plus rapide et impulsif dans lequel nos jeunes  vont avoir tendance à penser à rêver que l’amour c’est un cadeau, un état.

Qu’être amoureux c’est prêt à aimer, prêt à consommer, et à la moindre difficulté souvent il se disent  que ” c’est pas ça”  alors qu’au contraire les difficultés font partie intrinsèque  de la construction du couple  et les difficultés sont au contraire des panneaux indicateurs qui sont justement en train de créer les fondations de ce couple !  

3/ Et du coup, est- ce normal de douter ?

Ce qui serait anormal serait de ne pas douter ! 

N’importe qui qui se lance dans une aventure fondamentale que ce soit  un nouveau  boulot un déménagement  et  à  plus forte raison un couple.

Bien sur qu’on a peur, bien sur qu’on doute. Le doute est humain et malgré les doutes on avance…

Bien sûr il faut qu’il y’ait plus de raisons d’y rester que des raisons de partir sinon il y’a un problème évidemment. Mais d’avoir quelques doutes c’est évident puisqu’on tombera jamais  dans la représentation parfaite de l’homme ou de la femme idéale donc il y’aura les  doutes de la situation, de la culture sépharade- ashkénaze, la belle famille… combien de doutes nous avons !  un nombre incroyables de doutes et puis il  faut juste avoir beaucoup  plus de raisons de vouloir y aller que de douter 

4/ Quels conseils pour les  jeunes filles qui peinent à trouver leur mazal ?

 Ne pas hésiter à être pro active  ! 

Beaucoup rechignent à contacter une chathanith  mais quand une copine veut vous présenter  “la  belle soeur de son cousin ”  c’est exactement pareil ! 

Un  contact par hasard,une  rencontré au pif peuvent conduire à une  perte  d’estime de soi  et fragiliser.

J’aimerais dire à toutes ces filles qui ont du  mal à y croire : ne faites pas des concessions à tout va, n’oubliez pas qui vous êtes ,n’oubliez pas la grandeur qui se cache en vous ,vous avez de la hauteur vous avez de la classe vous avez un niveau spirituel tout ça  c’est extraordinaire ! 

Votre mazal est là !  il faut rencontrer des bonnes personnes.

Contacter une personne sérieuse qui connait votre potentiel et qui va pouvoir cibler au maximum.

Je suis très sensible a cette question du célibat prolongé et vraiment tout ce que je peux faire pour  aider  ! parce que je suis émue de voir ces  jeune filles débordant d’amour  qui cherchent juste une personne à aimer,  une personne qui va pouvoir réceptionner  tout cet amour qu’elles ont à donner.

J’espère qu’on assistera à beaucoup de mariages encore cette année avec l’aide de D’ !   

Moi même je travaille désormais avec une chathanith,avec qui je suis en contact permanent.

Il faut sortir de l’image qu’on a du mariage arrangé ! 

5/ Que pensez vous des réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux sont très nocifs pour  les couples ils représentent une  image fantasmé : on ne voit qu’une vitrine  et c’est la  porte ouverte aux comparaisons  : Un tel à eu telle demande au mariage, l’autre à eu telle bague… en vérité c’est  le mensonge de la vitrine.

A éviter au maximum si on ne veut pas se pourrir la vie ! 

6/Que pensez vous de l’amitié garçon-fille ?

La question de l’amitié fille garçon est très interessante puisque l’on ne vit plus dans  un monde non mixte il y’a quelques années à  peine les écoles était encore séparés (je parle des écoles publiques ) ; Aujourd’hui le monde est mixte et on a réellement des amis garçons est c’est un des paramètres qui fait qu’aujourd’hui  il y’a de plus en plus de célibataires.

exemple récent : Une jeune fille  m’a raconté qu’elle avait fait un  programme d’Alyah  et qu’elle était devenu très amie avec un garçon  sauf  que le sujet mazal était un sujet tabou entre eux. Une amie lui à un jour demandé : “au fond c’est ta copine ou tu l’aimes ? ”  et il n’osait pas se l’avouer il a fallu qu ‘il se débloque et qu’il se lance  dans un chemin plus engageant.

Cet exemple est très parlant parce que là en l’occurence c’est un happy end  mais combien de fois je rencontre des jeunes me dire “on est copains, et  on veut pas gâcher cette amitié”

Sincèrement prenez le risque de casser cet amitié  et en faire de l’amour.

ça sera tout sauf du gâchis. transformer l’amitié en amour  meme si ca n’a pas fonctionné ce n’est pas grave ,mais prenez le risque

L’amitié n’est que le socle qui mène à l’amour. 

7/ La Tsniout est elle vraiment importante ? Quels sont vos  conseils pour cet été ? 

La première fois que la torah nous parle d’un vêtement il s’agit d’Adam et Eve et c’est  D’  qui va les couvrir juste avant la toute toute première faute; avant la faute, Adam et Eve étaient entièrement lumières entièrement Nechama  et quand on voyait un individu on voyait son intériorité sa lumière sa  Nechama  qui émanait. 

A  partir de la faute on a l’opacité du corps ( l’être et le paraitre ) et ils sont différents.

Le  vêtement est là  sur le corps un peu comme un rappel ” tu sais  ce que tu vois  en fait c’est pas moi  en fait moi c’est  la personne  qui est à l’intérieur moi c’est la neshama qui est dedans  et ce que tu vois c’est  que la klipa,l’écorce,l’exterieur”

L’ été on a tendance a moins se couvrir et on a tendance à  faire une erreur assez importante  si ce n’ est la plus importante : se tromper sur soi même. 

Une jeune fille qui est jolie, fraiche, agréable,qui recevrait pleins de compliments plein de regards masculins  en été pourrait vivre dans l’illusion qu’elle est accomplie,parfaite : la preuve elle plait et que ce qu’elle à montré d’elle c’est ce qu’elle est : Non  elle n’est  pas ce qu’elle a montré d’elle ce qu’elle a montré d’elle ce n’est que l’extérieur. 

Ce que l’on est notre intériorité notre Neshama et ça pour le montrer  c’est  beaucoup  moins rapide que juste un petit regard c’est tout le travail de faire connaissance  avec l’autre.

Réussir à pénétrer son  âme:  c’est le vrai travail de la vie et donc la première personne qu’il ne faut pas  tromper en été : c ‘est soi même.

Ne pas se tromper, je suis celle que je suis en train de montrer et je crois que les vêtements sont  une protection extraordinaire pour montrer à l’intérieur de nous qu”il y’a des profondeurs immenses et qu’il  ne faut pas  passer à coté de ces profondeurs. 

Je sais que c’est  très  difficile de se couvrir en été  mais on a de la chance de nos jours d’avoir de  plus en plus d’influenceuses, de créatrices de style tsniout et réellement  qui ont une classe extraordinaire à être belle tout en étant tsniout.

C’est un vrai défi aujourd’hui c’est un challenge extraordinaire à relever et  se  dire c’est  pas parce que je me couvre que je vais être moins jolie. 

La tsniout ne veut pas dire moche. La tsniout veut juste dire : rendre compte qu’il y’a entre l’ être et le paraître tout simplement .

 Il y’a beaucoup  de façons d’être tsniout  c’est un travail d’intériorité ce n’est pas un  tissu épais  ou une longueur :  c ‘est quelque chose qui se ressent de l’intérieur. 

Cette compréhension de l’écart qui me reste encore à  franchir pour encore et encore s’améliorer et  pour grandir tout simplement ! 

 

contacter la rabbanith 

Facebook : Mariasha drai 

 

Prochain interview de Mariasha à venir : Femme et carrière

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