Mais à quel saint se vouer….

Dans la paracha de la semaine dernière, D’ demande au peuple juif d’être saints.
Les commentateurs expliquent que D’ attend de nous de se comporter avec sainteté dans toutes les aspects de notre vie et plus spécifiquement dans ce qui concerne les relations humaines.
Certaines nous sont interdites ( se marier avec son père, son frère, sa soeur …) et d’autres permises .
D’ établit alors le périmètre moral dans lequel chacun pourra s’épanouir et donne un cadre à notre intimité.
Ces dernières années, pourtant , il est devenu acceptable, voire souhaitable de partager une vie intime avec son partenaire avant le mariage.
Certains pensent qu’il vaut mieux savoir à qui on a à faire avant de s’engager, d’autres que c’est le seul moyen de retenir un homme ou encore que ce sont de nouvelles moeurs et qu’il n’y aucune raison de ne pas évoluer avec son temps.
Mais la Torah , qui nous éduque en tout temps et connaît intrinsèquement la nature humaine , nous demande au contraire de limiter les relations intimes au mariage.
Car , il n’existe pas de force plus puissante , plus persuasive et créatrice que la sexualité.
Elle peut faire basculer un chef d’état, un roi ou une nation en un instant. Elle peut créer la vie humaine.
Selon Fred, elle nous détermine et selon Helmut Thielicke rien ne lui résiste.
Autour de nous , les panneaux publicitaires et les films l’exposent sans retenue et les magazines vont conseillent de prendre du bon temps avec .
Alors, comment résister ?
Il fait savoir que les statistiques démontrent que l’on prend tout sauf du bon temps depuis l’apparition du mouvement féministe et de la libération des moeurs.
Les hommes ont un mal fou à s’engager et les femmes à s’épanouir.
Les taux de divorce n’ont jamais été aussi hauts et les familles ne résistent pas à l’appel de liberté que lui renvoie l’idéologie libertaire et la justification qu’il faille faire seulement ce qui nous rend « heureux ».
Alors , pourquoi ne se sentons nous pas plus heureux ?
Car , contrairement aux idées reçues, on ne peut changer la nature créé par D’.
L’homme a besoin de conquérir, d’apprécier ce qu’il a difficilement gagné , de protéger et d’aimer ceux qui dépendent de lui.
La femme a besoin de se sentir écoutée , aimée et rassurée pour pouvoir s’épanouir pleinement.
Quand les relations intimes ont lieues dans le cadre du mariage , chacun des partenaires a donné la preuve qu’il était prêt à s’engager pour l’autre , à s’investir et apporte du sens à cette façon de communier.
La relation connait alors une toute autre dimension.
Si l’on cherche un amour durable , qui va en grandissant, on réserve cette forme de connexion à l’autre pour notre vie mariée.
Sinon, on risque de ne vivre que des expériences, des moments de plaisir mais rien d’enrichissant ou de constructif pour notre couple.
Une femme s’attache obligatoirement lorsqu’elle se donne physiquement et elle ne peut plus arriver à faire de choix réfléchis et logiques pour son futur.
L’intimité brouille les pistes de ce que l’on ressent et de ce qui est bien pour nous. L’acte sexuel est pourtant une mitsva ( commandement divin ) ; c’est même la première mitsva que l’on pratique une fois mariés.
On devient alors « kadoch » c’est à dire saint , mais aussi séparés du reste du monde et réservés l’un à l’autre.
Bien s’entendre sur ce terrain ne peut pas nous aider à decider si l’on se marie ou pas , c’est plutôt ce que l’on apporte à celui ou celle qu’on a choisi d’aimer qui devrait nous guider.
La compatibilité intime ça s’apprend, ça progresse et change tout au long de notre vie intime mais le vrai test d’un bon mariage c’est la compatibilité dans la vie de tous les jours.
La Kabbalah explique la première rencontre intime entre Adam et Hava comme une découverte de l’âme de son partenaire.
« Adam connut Hava -yada en hebreu », c’est le niveau de yediah- qui dévoile les mystères et secrets de la présence de D’ ici-bas.
                      @baranesproductions
Faisons une place à D’ dans tous les aspects de notre vie, même les plus intimes, pour qu’Il y apporte sa bénédiction éternelle et qu’Il fasse de nous ses Saints.

Esther H. est la co-directrice du centre Chabad de l’université de UCSD, en Californie. Originaire de Grenoble , elle partage son temps entre son job de maman, d’institutrice en maternelle , de cuisinière ou de conseillère pour la centaine d’étudiants qui fréquentent leur beth habad et est blogueuse torah sur Ishanews.

 

 

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