Maje/Sandro : Une affaire de famille

Les soeurs Evelyne Chétrite et Judith Milgrom, nées Moyal, sont respectivement à la tête
des griffes de prêt à porter haut de gamme les plus désirables : Sandro et Maje. Retour
sur cette très belle success story de Rabat à Paris.

Evelyne, l’ainée de la fratrie Moyal, est née à Rabat dans les années 60 et développe très
vite un amour pour la mode « De Rabat, où j’ai grandi, je garde le souvenir des souks et
du magasin de chemises de mon grand-père. Ma tante, couturière, faisait tous mes
vêtements sur mesure »
Agée de 14 ans, elle quitte le Maroc pour sa ville de coeur : Paris. Evelyne Chétrite se
lance alors dans des études de droit, plus pour satisfaire ses parents que par réelle
vocation.
Bien décidée d’orienter sa carrière comme elle l’entend et de poursuivre ses rêves, en
1984 elle fonde avec l’appui de son mari et de sa soeur alors âgée de 18 ans, Judith
Milgrom, sa griffe Sandro. Evelyne raconte «Au début, je faisais tous les métiers : création,
gestion, production. C’était beaucoup de nuits blanches, beaucoup de travail. Aujourd’hui,
je suis beaucoup mieux structurée.»
Quelques années plus tard, en 1988, Judith Milgrom décide de prendre son envol et de
lancer à son tour sa propre enseigne de prêt à porter haut de gamme : Maje, fusion entre
leur nom de famille – Moyal – et les prénoms de son frère et sa soeur – Alain et Evelyne.
Très rapidement les deux griffes Sandro et Maje connaissent un succès fulgurant,
positionnées entre le mass market et le luxe. La force de ces maisons est d’être différente
mais complémentaire. D’un côté nous avons la marque Sandro caractérisée par son
élégance et son style preppy, et de l’autre la marque Maje plus affirmé rock et jeune

 

Loin d’être rivales, Evelyne Chétrite et Judith Milgrom ont parfaitement conscience de cibler la même clientèle « On se compare souvent aux soeurs Williams, les championnes de tennis, avoue Judith Milgrom. Elles donnent ce qu’elles ont de meilleur mais pas pour se battre entre elles. Nous sommes soeurs et amies, indépendantes et respectueuses de la vie professionnelle de chacune. » Néanmoins pas question pour l’une des soeurs de juger en avant première la future collection de l’autre. C’est d’ailleurs auprès de leurs familles, que les deux soeurs qui ont fondé un véritable empire de la mode, reprennent des forces. Toutes deux mères de plusieurs enfants, ces work addict essayent de décompresser : Judith confie en effet « Je ne sais pas ne rien faire, mais j’apprends. Le samedi, je suis « shabbatique », je fais une coupure totale : plus téléphone, rien. C’est compliqué de se déconnecter, mais ça m’a énormément apporté. »

 

 

 

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