Tichri : Tout sur le Choffar

Rosh Hashana a deux faces. Un côté festif puisque nous célébrons la nouvelle année (Roch Hachana – la tête de l’année), nous organisons le seder etc. Mais cette fête a également un côté angoissant (Yom Hadin – le jour du jugement).

La mitsva essentielle de Rosh Hashana est le chofar (Yom Teroua – le jour de la sonnerie). Le chofar symbolise la techouva. Les sons (il y en a 100) qui en sortent sont souvent comparés aux pleures d’un bébé qui nous remuent.

C’est le moment où nous demandons ce que nous pourrions faire pour que D.ieu nous accepte afin que nous vivions une année supplémentaire. C’est le moment où chacun d’entre nous doit se réveiller, faire une introspection sur soi-même et se souvenir de ses fautes. Il est vrai que nous ne sommes pas parfaits mais c’est le moment propice pour avancer et progresser.

Nous écoutons le chofar à Rosh Hashana en souvenir du sacrifice d’Itshak (Yom Hazikaron – le jour du souvenir). D.ieu demanda un jour à Avraham de lui offrir Itshak en sacrifice afin de tester sa foi. Avraham se mit en route vers le mont Moria. Après trois jours de marche, Avraham allait sacrifier son fils. Mais juste avant D.ieu le stoppa et lui expliqua qu’il voulait uniquement l’éprouver. La torah précise qu’il a marché trois jours. Pourquoi cette précision ? Car pendant trois jours il avait le temps de réfléchir et d’être angoissé. Il aurait pu faire demi-tour mais à aucun moment il n’a hésité.

On écoute le chofar en souvenir du sacrifice d’Itshak pour se rappeler de la emouna qu’avait Avraham vis-à-vis de D.ieu. Dès que D.ieu lui demandait quelque chose, Avraham s’exécutait car pour lui D.ieu était une évidence, une vérité. Il ne pouvait faire autrement que l’écouter.

Cela nous rappelle que D.ieu est une évidence, une vérité et que nous devons également le suivre avec emouna, sans se dire que telle ou telle mitsva est compliquée en pratique.

Il s’agit de réfléchir et faire une introspection sur nos actions. C’est d’ailleurs pour cela que l’après-midi du 1er jour entre minha et arvit nous faisons tachlih (jeter nos pêchés dans un lac ou dans la mer). Symboliquement nous nous lavons de nos pêchés.

Le premier mot que nous lisons dans la haftara de Chabbat Shouva (paracha entre rosh Hashana et Kippour) est shouva qui vient du verbe shouv – revenir. Il est dit « shouva Israel », revient israel. D.ieu nous demande alors de revenir vers lui et de faire une téchouva sincère afin qu’il nous pardonne.

Le choffar de kippour, que l’on sonne à l’issue de la Neila avant arvit, est quant à lui le choffar de la délivrance. Si le son du chofar annonce la fin du jeûne, il symbolise également l’acceptation de notre teachouva et notre inscription dans le livre de la vie.